Action Logement Immobilier : une dynamique de groupe dans une organisation déconcentrée

Contrastant sur un fond de morosité, les filiales immobilières du groupe Action Logement restent fort actives. Arnaud Anantharaman, directeur général adjoint d’Action Logement Immobilier, décrit pour ADEQUATION le fonctionnement de cette holding, ses objectifs et la dynamique qu’elle parvient à impulser pour les atteindre.

 

 

Rappelons que le groupe Action Logement a été créé le 1er janvier 2017 pour restructurer le réseau du 1 % logement (en réalité 0,45 % depuis 1992) et centraliser la collecte de la Participation des employeurs à l’effort de construction (PEEC). C’est un groupe paritaire qui se compose d’Action Logement Groupe et de ses filiales Action Logement Services, qui assure la collecte, la gestion et la redistribution de la PEEC, Action Logement Immobilier qui met en œuvre la stratégie immobilière du Groupe via ses filiales HLM et de logement intermédiaire, de l’Association Foncière Logement et de l’Association pour l’accès aux garanties locatives.

 

Comment est organisée la holding Action Logement Immobilier ?

Action Logement Immobilier est l’actionnaire très majoritaire de 43 entreprises sociales de l’habitat ainsi que du groupe in’li, qui compte cinq sociétés de logement intermédiaire. Nous avons trois sociétés en moyenne par région et sommes présents dans tous les départements et régions d’Outre-mer. Cette composition est le fruit d’un long processus de structuration du Groupe. Nous avons opéré des rapprochements selon des considérations de taille, de maillage territorial et de marché, pour aboutir à un Groupe cohérent avec une marque et des acteurs bien identifiés. Cet ensemble représente près de 1 200 000 logements abordables dont environ 1 100 000 logements sociaux et 100 000 logements intermédiaires. En cohérence avec les engagements d’Action Logement inscrits dans la Convention quinquennale 2023/2027 conclue avec l’Etat, nous fixons des objectifs de production de logements à nos filiales, ainsi que des objectifs concernant la politique patrimoniale et la gestion locative, et supervisons leur performance financière et de gestion.

Quels moyens mettez-vous en œuvre pour décliner ces objectifs dans de si nombreuses filiales ?

Action Logement Immobilier fonctionne selon une organisation déconcentrée, avec des filiales qui sont au plus proches des territoires, des collectivités et des entreprises. Chaque filiale dispose d’une feuille de route qui fixe les différents objectifs et dont le suivi fait l’objet de rendez-vous réguliers. Ce suivi s’appuie notamment sur des délégués territoriaux qui représentent le Groupe dans chaque région, et sont les interlocuteurs au quotidien des directeurs généraux des filiales. En outre, via ses différentes directions support, Action Logement Immobilier apporte des services aux filiales, dans différentes expertises (financier, juridique, foncier…) ou métiers (achats, énergie, commercialisation…).. Nous agissons selon un principe de subsidiarité pour trouver le bon niveau de complémentarité entre la holding et ses filiales. Enfin, nous animons une dynamique de coopération et de projets entre filiales, et de mutualisation des outils et des compétences.

Pouvez-vous détailler vos objectifs en matière patrimoniale ?

Nos objectifs sont fixés par période quinquennale. Sur la période 2023-2027, nous atteindrons 200 000 logements produits et 200 000 logements réhabilités. Notre politique patrimoniale intègre également la stratégie environnementale ambitieuse du Groupe. Pour prendre l’exemple de la rénovation thermique, nous avons déjà rénové la quasi-totalité des logements en étiquettes DPE F et G de notre parc et, à l’horizon 2030, nous voulons rénover tous ceux qui sont au-delà de l’étiquette D.. Par ailleurs, nous sommes engagés dans des actions volontaristes de décarbonation, de recours aux énergies renouvelables et de sobriété énergétique et foncière qui soutiennent les entreprises innovantes dans les territoires.

Comment se porte l’activité de vos filiales en ce début 2026 ?

Notre objectif quinquennal 2023-2027 correspond à une moyenne annuelle de 40 000 logements produits et réhabilités, ce qui est supérieur au rythme des années précédentes. Malgré cela, nous avons dépassé ces volumes en 2023-2024, notamment du fait de la mise en œuvre du plan « 30 000 logements pour l’emploi » en soutien au secteur immobilier (lancé en juillet 2023 par Action Logement et qui s’est traduit par l’acquisition de 34 400 logements en VEFA auprès des promoteurs). Cela conduit à plus de 9 Mds € d’investissements en 2023 et plus de 11 Mds € en 2024.

L’année 2025 a été elle aussi très active, avec environ 45 000 logements mis en chantier, 37 000 logements réhabilités et 39 000 agréments de logements locatifs et intermédiaires. Nos filiales ont ainsi produit 1 logement sur 6 en France, et 1 logement social sur 4. Dans un contexte toujours tendu pour l’accession à la propriété, les activités d’accession abordable de nos filiales (PSLA, BRS ou TVA réduite en zone ANRU), qui favorisent les parcours résidentiels et dont le modèle économique est intéressant, se sont aussi très bien portées avec 2500 réservations de logements neufs, en hausse par rapport à 2023 et 2024.

Comment analysez-vous la production de logements en France et la perspec-tive nationale pour 2026 ?

Il est évident qu’il faut construire plus de logements et que la période est difficile.. On observe en particulier un écart préoccupant entre le nombre des permis de construire et celui des mises en chantier, surtout dans le collectif. Les élections municipales de 2026 sont un facteur de ralentissement supplémentaire dans un contexte économique général marqué par l’incertitude.
Il faut aussi souligner le défaut flagrant d’investissement privé dans le logement ces der-nières années. Les particuliers ont quitté le marché et les institutionnels privés sont peu présents sur le segment du logement locatif classique. Dans le même temps, une épargne privée abondante existe qui n’est pas mobilisée. Nous-mêmes allons poursuivre notre effort, mais cela ne suffira pas. Il faudra bien un retour de l’investissement privé si nous vou-lons continuer à construire car les programmes de logements sont mixtes. C’est l’objectif du nouveau « statut du bailleur privé » mis en place par la loi de finances 2026 et dont nous verrons les effets.

Quelles sont vos priorités pour 2026 (et au-delà) ?

L’ADN du groupe est le lien emploi-logement, et donc l’attribution de toujours plus de logements aux salariés des entreprises. Par ailleurs, nous poursuivrons nos actions en faveur de la qualité du service rendu à nos locataires, et nous développerons l’offre de logements et de services adaptés aux différents publics : jeunes, séniors, travailleurs saisonniers, etc. Le développement de l’offre de logement social restera la priorité. Au-delà, en matière de parcours résidentiels, la commercialisation des logements intermédiaires, qui ont représenté une part importante de notre production ces dernières années, devrait beaucoup nous occuper, et nous voulons aussi continuer à travailler sur l’accession à la propriété.

Et en ce qui concerne le patrimoine ?

Nos objectifs quantitatifs ne changent pas, 40 000 logements à produire et 40 000 logements à rénover, et nous poursuivrons notre politique de décarbonation du parc neuf comme du parc existant. Mais il nous faut désormais accélérer en matière d’adaptation au dérèglement climatique. Nous avons déjà analysé l’exposition de l’ensemble de nos immeubles aux différents aléas climatiques (canicules, inondations, submersions,, gonflement des argiles, tempêtes, cyclones…) Sur cette base, nous allons mettre en œuvre des plans d’adaptation des bâtiments mais aussi réfléchir à des plans de prévention.

Partager cet article :

Recevez la newsletter :

DECOUVREZ NOS DERNIERES PUBLICATIONS

Partager cet article :

Recevez la newsletter :

Je souhaite m'inscrire à la newsletter ADEQUATION

Inscrivez-vous à la newsletter ADEQUATION